IIIe Congrès Mondial de Brachylogie: informations importantes

 

IIIe Congrès Mondial de Brachylogie

(Cadix, Espagne, 15-16-17-18 octobre 2019)

 

Conversation et Nouvelle Brachylogie

Il revient au Professeur Mansour M’Henni de l’Université Tunis El Manar d’avoir réactualisé la notion de brachylogie présente chez Socrate et fédéré de nombreux groupes de recherche autour de ce concept. Socrate avait prôné la vertu de la brièveté dans l’art de la conversation : « Veuille resserrer tes réponses et les faire aussi courtes que possible, afin que je puisse te suivre », avait-il dit à Protagoras. En cela, il s’était opposé à la rhétorique, discours savamment argumenté, dont il soupçonnait les intentions de manipulation aux fins de persuasion. A contrario, la brièveté, quand elle n’est pas mise au service de la rhétorique, interroge plus qu’elle ne cherche à convaincre. Les formules courtes ont ce pouvoir de provoquer la réflexion, de déclencher des réactions -de la gravité au rire-, d’inviter au dialogue, dans son sens premier (dia-/trans), très proche de la signification socratique de « conversation ». Il semble que la concision fasse une large place à autrui ; elle est donc investie d’une éthique, celle de l’échange engagé entre des acteurs à égalité. Le rebondissement des questions et des réponses dans le dialogue viserait ainsi à une construction du sens à travers le partage et en commun, en une élaboration désinvestie de l’intention d’amener autrui à une vérité qui nous serait propre. Le sens à construire en devient une tâche infinie, à jamais inachevée. Il fait place, on le comprend bien, au doute, à l’hésitation, au silence, au blanc, au fragment… Il va sans dire que cet art de la conversation ne peut s’accommoder de dogmes et de principes inamovibles, car dans la fluidité de l’échange, les paroles et actes d’autrui transforment les miens, me métamorphosent en une éternelle initiation de la pensée. Savoir et ignorance s’y associent en toute modestie. Ils signent la fin de toute hégémonie, supériorité, maîtrise, domination… Serait-ce aussi la fin du principe d’identité de la logique rationnelle ? N’est-ce pas lui qui avait fait croire aux hégémonies qu’elles étaient les seules à pouvoir penser le monde ? Sur le mode de la division, bien sûr. En séparant soigneusement les hommes des femmes, les civilisés des sauvages… On voit là la portée révolutionnaire de la nouvellebrachylogie  et où elle nous mène ! Ni plus ni moins du « ou » au « et ». Car si le dialogue est dans la fragmentation du dire, il est aussi dans les liens d’écoute qu’il établit. La conversation fait cas des paroles d’autrui, elle se laisse bouleverser, changer dans l’échange. Des liens se créent dans l’espace et dans le temps, des noeuds se nouent en une chaîne qui englobe le ‘Tout-Monde’.

Les manifestations orales et écrites brachylogiques sont nombreuses, tant dans les genres qui cultivent la concision -de l’aphorisme au conte ou à la nouvelle, que dans les figures de style qui suggèrent la brièveté, le retrait, la césure –de l’apocope à l’ellipse. La brachylogie revient à « l’écriture blanche », au « degré zéro de l’écriture » de Roland Barthes, à « l’écriture du désastre » de Maurice Blanchot, tout en questionnant la présence d’une écriture minimaliste dans la littérature contemporaine.

Mais la (nouvelle)brachylogie s’intéresse également –et pour cause- à toute forme de marges en littérature, qu’elles soient formelles – paratexte, péritexte (exergue, titre, note de bas de page, didascalie)…- contextuelles –issues de minorités ou de collectifs minorisés, l’idée étant de découvrir la voix de cet autrui réduit à néant par les cultures dominantes- ou de contenu : le petit, dans ce cas, se découvrira dans ses multiples manifestations, au gré de l’imagination des intervenants dans leur appréhension et dialogue avec la littérature.

La Coordination Internationale des Recherches et Etudes Brachylogiques (CIREB-Paris) et l’Université de Cadix (Departamento de Filologia Francesa e Inglesa) organisent, en octobre 2019, le Troisième Congrès Mondial de Brachylogie autour de la question : «Conversation et Nouvelle Brachylogie ». Ce troisième Congrès Mondial privilégiera donc les notions de conversation, de dialogue, de rapport, de relation, d’interaction, de médiation culturelle au sein d’une brachylogie qui englobe les multiples manifestations du court, du bref, du concis, du petit dans une perspective multi et interdisciplinaire embrassant les diverses disciplines des sciences humaines, apparemment les plus concernées, mais pourquoi pas les disciplines scientifiques aussi qui ne devraient pas demeurer en reste avec les « Humanités », dans ce nouveau champ de la recherche et de la pensée.

 

Axes de recherche suggérés :

 

-Philosophie et brachylogie : dialogue et conversation, introduction du tiers

-Linguistique et brachylogie : interaction, allusion, sous-entendu… au sein du langage

-Littérature et brachylogie : intertexte, paratexte, récit minimaliste, relation de la partie au tout, du court au long, etc.

-Interculturalité et brachylogie : divergences et convergences infimes entre les sociétés

-Anthropologie, mythe et brachylogie : place du petit, du court, du bref dans l’imaginaire

-Études de genre et brachylogie : visibilité/invisibilité des minorités, féminisme, collectifs LGTBI+, etc.

-Histoire et brachylogie : minorité/majorité, les oubliés, les minuscules faits déclencheurs de grands événements, etc.

-Ecologie et brachylogie : la part du colibri, l’effet papillon, etc.

-Sciences et brachylogie : conversations avec les microstructures (Biotechnologie, nanotechnologies, etc.)

Les propositions sont à envoyer aux organisateurs du Congrès avant le 31 juin 2019.

Les interventions dans le Congrès se feront en langue française.

Inscription au Congrès : 30 euros pour les membres de la CIREB

                                                40 euros pour les non membres de la CIREB

Organisateurs du Congrès :

Martine Renouprez et Victoria Ferrety : martine.renouprez@uca.es

Mansour M’henni : mansourmhenni50@gmail.com

 

Comité scientifique :

 

BONHOMME (Marc) – Professeur émérite, Université de Genève, Suisse

GONTARD (Marc) – Professeur émérite, Université de Rennes II, France

M’HENNI (Mansour) – Professeur émérite, Université Tunis El Manar, Tunisie

 

ATALAYA (Irene) – Université de Cadix, Espagne

BAHLOUL (Noureddine) – Université de Guelma, Algérie

BEN AZIZA (Zouhour) – Université Tunis El Manar, Tunisie

BEN SAAD (Nizar) – Université de Sousse, Tunisie

BERMÚDEZ MEDINA (Lola) – Université de Cadix, Espagne

COULIBALY (Moussa) – Université FHB d’Abidjan, Côte d’Ivoire

EL KRIRH (Khatima) – Université de Cadix, Espagne

FERRETY (Victoria) – Université de Cadix, Espagne

GHOUATI (Sanae) – Université de Kénitra, Maroc

GRAVET (Catherine) – Université de Mons, Belgique

HAMDAN (Dima) – Université Libanaise de Beyrouth, Liban

HERSANT (Marc) – Université Paris-Sorbonne III, France

IONESCU (Mariana) – Huron University College, Canada

LOJO TIZÓN (Carmen) – Université de Cadix, Espagne

PETRILLO (Magi) – Université de Naples Pathenope, Italie

PINTO BUZÓN (Pilar) – Université de Cadix, Espagne

RENOUPREZ (Martine) – Université de Cadix, Espagne

TENKOUL (Abderrahman) – Université de Kénitra, Maroc